
Samedi 14 avril, c est direction San Pedro de Atacama, derniere destination chilienne a proximite de la frontiere bolivienne. Deux heures de route de desert qu il ne fallait cette fois ci absolument pas manquer. Redressees sur nos sieges a l avant du bus pour ne laisser aucune miette de ce paysage s echapper de notre regard. Chaque changement de direction laisse decouvrir un morceau supplementaire de ces montagnes rocheuses s etendant au loin, imparfaites, irregulieres, noyees dans une nuance de bleus pastels et de rose, comme presque l illusion d un reve. Nous traversons la cordillere de Domeyko et sommes totalement captivees.
Et puis tout a coup, un oasis semble se presenter un nous, une petite tache de verdure au milieu de ce beige aride: nous arrivons a San Pedro, et sommes a 2440 metres d altitude.
En plein apres-midi, il fait tres chaud, et c est tetes baissees que nous gagnons notre residence Vilacoyo tenue par une petite femme d une quarantaine d annee aussi discrete, souriante, que courageuse. Des petites chambres installees autour une cour centrale ou le hammac affiche complet; et une cuisine pour continuer de preparer nos propres plats. Et ca tombe bien, car ici, c est resto sur resto ou petite superette du coin ou tout coute le double. Nous sommes arrivees chargees de Calama en provision mais nous avons bien fait!
San Pedro, 5000 habitants mais un pole touristique en plein coeur de ce desert renfermant de vraies merveilles naturelles. L architecture est plutot pittoresque, typiquement dersertique, et les locaux commencent a avoir un facies marque de leurs origines andines. En tout cas, pas de raccollage etouffant special touristes, et les commercants sont absolument charmants.
Nouvelle surprise aussi dimanche: un ami Irlandais est arrive a Vilacoyo, Vincent, avec qui nous avons notamment bien arrose mon anniversaire. Et puis il y a aussi notre petit canadien rencontre au Yo-Yo de Valparaiso qui a finalement trouve suffisamment de courage pour remonter jusqu ici.
Alors lundi, tout le monde a VTT et c est parti pour aller decouvrir la Valle de la Luna, parc situe a 15km de route desertique bien sur du petit village de San Pedro. Si la vallee porte ce nom, c est bien parce qu elle ressemble fortement a la surface de la lune, melangeant stratifications et formations salees causees par les differents facteurs environnementaux naturels. Au loin, toujours ces rangees de montagnes ou de volcans entre 5000 et 6000 metres d altitude (et dont un est d ailleurs toujours en activite); impressionnante division de relief creant presque un vertige a l horizontal tant la perspective est exceptionnelle. Trois heures de montee et descente entre des formations geologiques les plus curieuses et d autres immenses dunes de sable. Le decor est quasi fantastique, et a 18h20, nous sommes installes hauts perches au-dessus d un amphitheatre rocheux pour admirer le soleil se coucher. La montee a ete un peu raide mais la recompense a la hauteur de l effort: l horizon rosit timidement, la temperaute commence deja a descendre et nous, nous sommes la, assis, tournant sans cesse notre regard mais doucement, pour ne surtout pas etre gagne de ce vertige et de perdre un instant de ce merveilleux moment.
Un retour de nuit avec des etoiles plein la tete.
Mardi 17 avril 2007.
Apres les curiosites salees semi-lunaires, debout a 3h30 pour aller decouvrir les geysers del Tatio, terrain de geysers le plus haut du monde a 4300 metres d altitude. Un petit tarif etudiant a l entree du parc (ca a aussi du bon de paraitre jeune..), -3 degres pour garder les gants et le bonnet, et de nouveaux quelques kilometres de desert avant de debarquer dans ce site atypique ou de nombreux touristes se promenent entre les nombreux fumerolles. On peut observer dans de nombreux petits crateres l eau bouillir a 85 degres, ou bien l entendre gronder lorsqu elle est plus en profondeur. Et entre ces geysers de fumee blanche dont le plus haut fait une 15aine de metres, chaque guide prepare son lait chaud et ses oeufs durs dans ces marmites naturelles; meme plus besoin de camping-gaz, pratique. Et apres avoir digere ce petit dejeuner particulierement exotique, c est petit bain dans la source d eau chaude; parfait.
Retour a San Pedro par de nouvelles pistes entre champs de cailloux, collines de cactus et gorge marecageuse, oasis pour oiseaux et lamas, lama qui peut d ailleurs etre deguste en brochette au petit hameau qui suit: entre le porc bien tendre et un bon mouton, ideal a griller, succulent en bouche.
Un retour au milieu de nulle part avec au loin, cette petite tache blanche: le Salar d Atacama.
Derniere apres-midi chilienne, nouvelle apres-midi logistique. Demain, c est le depart pour trois jours de jeep a la rencontre du celebre Salar d Uyuni, et ce soir, ce sont les "au revoir" avec Greg, ce canadien a la guitare et les etincelles plein les yeux, et Vincent, ce voyageur irlandais prenant le chemin du Perou. A chacun sa route, a chacun son voyage, mais pour le meme plaisir de la decouverte.
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